Programme 3.2 Questionnaire

Questionnaire sur le nombre, la qualification et le degré d’occupation des pédagogues masculins dans l’accueil extrascolaire de la petite enfance et sur l’attitude à leur égard


Alors qu’on dispose d’informations détaillées, actualisées chaque année, sur le personnel pédagogique de l’éducation formelle ou scolaire (« Les chiffres clés de l’Éducation nationale »), il n’existe pas de données comparables pour le domaine non formel ou extrascolaire. Ce manque de données nous a été confirmé après demande au ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse et au STATEC (Institut national de la statistique et des études économiques du Grand-Duché de Luxembourg). On ne dispose donc jusqu’ici que de peu d’informations sur la répartition hommes/femmes et la qualification du personnel pédagogique de l’accueil extrascolaire de la petite enfance. Cette situation est cependant appelée à changer au fil des efforts déployés pour accroître l’assurance qualité dans le domaine de l’éducation non formelle. Le Service national de la jeunesse (SNJ), responsable de la qualité des processus, s’emploie à mettre rapidement à disposition – dans l’idéal en 2019 – des données standardisées sur le personnel employé par les structures SEA (crèches, maisons relais, etc.).

Face à ce manque de données, l’IGD et infoMann ont décidé de mener une enquête auprès de l’ensemble des crèches et maisons relais/foyers scolaires enregistrés au Luxembourg. En s’appuyant sur une liste de l’ensemble des structures d’accueil (MENJE, état : novembre 2017), infoMann a envoyé 515 questionnaires au total aux structures de l’éducation non formelle. Avec 67 questionnaires retournés, le taux de réponse était de 13 % environ. Par rapport au nombre de places d’accueil des structures ayant répondu au questionnaire (8 240), les informations et déclarations fournies représentent 15 à 16 % de la « pratique d’accueil luxembourgeoise » dans les structures du domaine SEA.

Le questionnaire abordait les thématiques suivantes :

  • Nombre de places d’accueil
  • Nombre, sexe, degré d’occupation et niveau de qualification des pédagogues
  • Attitude vis-à-vis (de l’augmentation) des pédagogues masculins dans la structure et de la responsabilité politique du gouvernement concernant l’acquisition de personnel masculin

Le questionnaire de l’enquête est consultable ici ->


Résultats de l’enquête

Répartition générale hommes-femmes

La répartition hommes-femmes du personnel pédagogique de toutes les structures ayant pris part à l’enquête, indépendamment de leur forme d’exploitation et de l’âge des enfants pris en charge, était de 86,5 % de femmes et 13,5 % d’hommes.

La part la plus faible de personnel masculin (8,8 %) se trouve dans les structures privées accueillant des enfants de 0 à 4 ans (crèches).

Ce sont les institutions accueillant les enfants de 4 à 12 ans (maisons relais/foyers scolaires) qui comptent la part la plus élevée de personnel masculin, avec des chiffres similaires pour les services conventionnés (17,3 %) et les services commerciaux (17,1 %).

On constate des différences – parfois énormes – d’une structure à l’autre au niveau de la répartition hommes-femmes du personnel pédagogique : certaines structures ne comptent ainsi aucun homme dans leur personnel pédagogique, tandis que dans d’autres, la part d’hommes approche les 40 %.

Postes et répartition des heures

Il ressort des réponses données à la question « Combien d’heures par semaine les membres de votre personnel pédagogique travaillent-ils ? » que, dans le domaine conventionné, seuls 28,7 % du personnel travaillent à temps plein (40 heures). 71,3 % travaillent à temps partiel, soit de moins de 10 heures à 30 heures par semaine. Il est intéressant de noter que 38 % des hommes travaillant dans des structures conventionnées occupent des postes à 40 heures.

La situation est différente dans le domaine de l’accueil privé, où 57,7 % du personnel travaillent à temps plein et 42,3 % à temps partiel en moyenne. Dans le domaine privé, la part d’hommes travaillant à temps plein (25 %) est toutefois légèrement inférieure à celle du domaine conventionné.

Formation et qualification

Les structures ont également été invitées à indiquer le degré de formation de leur personnel pédagogique. L’analyse des données révèle que 22 % du personnel masculin travaillant dans les structures ont un grade universitaire (Master, diplôme, etc.). Il y a ainsi davantage de pédagogues masculins que féminins disposant d’une formation universitaire, à tout le moins dans les structures ayant pris part à l’enquête (voir graphique « Degré de qualification du personnel pédagogique de toutes les structures ayant pris part à l’enquête »). À l’inverse, les qualifications inférieures à celle d’éducateur diplômé sont moins fréquentes chez les hommes (9,5 %) que dans la moyenne de l’ensemble du personnel pédagogique.





Attitude vis-à-vis (de l’augmentation) des membres du personnel masculins dans la structure

À la question de savoir si elles ont déjà envisagé d’accroître la part de personnel pédagogique masculin, voire entrepris quelque chose en ce sens, plus de 70 % des structures interrogées répondent par l’affirmative. Seules 6 % d’entre elles n’en voient pas la nécessité.

Les réponses données à la question « Faut-il plus de personnel masculin dans le domaine SEA ? » expriment aussi le souhait d’une présence (accrue) d’hommes : 41,3 % des personnes interrogées souhaitent « beaucoup plus » et 47,6 % « un peu plus » d’hommes pour l’accueil des enfants de 0 à 4 ans. Cette réponse est encore plus claire pour l’accueil des enfants de 4 à 12 ans : 74,6 % souhaitent « beaucoup plus » d’hommes pour les maisons relais/foyers scolaires, 22,2 % souhaiteraient « un peu plus » d’hommes, tandis que 3,2 % seulement pensent que la situation doit rester inchangée.

Les structures interrogées se positionnent de manière tout aussi claire vis-à-vis de l’affirmation selon laquelle « la politique doit s’engager pour attirer davantage d’éducateurs masculins » : plus de 95 % sont « totalement » (64,6 %) ou « plutôt » (30,8 %) d’accord avec cette affirmation. Les 4,6 % restants ne sont « plutôt » pas d’accord.


Résultats de l’enquête

Les résultats présentés ici ne prétendent nullement être représentatifs. Ils marquent malgré tout une première petite étape vers la génération d’une base de données structurelles essentielles plus vaste au sujet du personnel pédagogique luxembourgeois travaillant dans les structures de l’éducation non formelle. Ces résultats ne livrent pas seulement un premier aperçu du degré parfois variable de qualification des pédagogues féminins et masculins et de leur degré d'occupation dans le domaine de l’éducation non formelle au Luxembourg ; ils montrent aussi clairement le souhait d’une part plus importante de personnel masculin dans les structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance au Luxembourg, indiquant que celles-ci emploieraient volontiers davantage d’hommes et attendent un soutien politique en ce sens.

Un autre résultat réjouissant est que la part d’hommes est relativement élevée par rapport à d’autres pays européens, à tout le moins dans les structures ayant pris part à l’enquête(3). Pour nous, la prochaine étape consiste à fonder cette base de données sur des socles représentatifs plus vastes, car seule une base de données fiable pourra sous-tendre, d’une part, une stratégie plus ambitieuse visant à attirer davantage de personnel (masculin) dans le domaine de l’éducation non formelle et, d’autre part, une hausse de la qualité dans ce domaine.


(3) En 2017, la part de pédagogues masculins dans les structures de l’éducation non formelle était par exemple de 5,8 % en Allemagne et de 9,1 % en Norvège.