Programme 3.3 Conférence

L’un des temps forts du programme a été la conférence organisée à l’Université du Luxembourg, à laquelle ont pris part plus de 80 personnes issues de la politique, de la formation d’éducateurs/trices, de l’accueil extrascolaire de la petite enfance et de la formation continue.

Lydia Mutsch, ministre de l’Égalité des chances, a donné le coup d’envoi à la conférence en soulignant dans son allocution de bienvenue l’importance de la thématique.

Le discours de la ministre est consultable ici ->

Jens Krabel, de l’Institut für Gender und Diversity für soziale Praxisforschung, a ensuite présenté le programme modèle « Mehr Männer in Kitas » mené en Allemagne de 2011 à 2013, tandis qu’Alexander Kries, d’infoMann – actTogether asbl, a exposé les résultats de l’enquête menée auprès des structures de l’éducation non formelle.

Plusieurs ateliers ont eu lieu durant l’après-midi. Le contenu essentiel des exposés et ateliers est décrit ci-dessous :

Exposé de Jens Krabel : „Das Modellprogramm ‚Mehr Männer in Kitas‘ in Deutschland – Erfahrungen, Ergebnisse und Auswirkungen“ (« Le programme modèle “Mehr Männer in Kitas” en Allemagne – Expériences, résultats et effets »)

Dans son exposé, Jens Krabel a livré une synthèse du programme modèle « Mehr Männer in Kitas » initié en 2011 par le ministère allemand de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse (BMFSFJ). Seize projets modèles répartis dans treize Länder allemands ont été soutenus pour une durée de trois ans avec un montant de treize millions d’euros afin de développer les stratégies, mesures et instruments régionaux permettant d’accroître la part d’hommes dans les structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance.

Le programme a notamment été lancé par l’étude « Männliche Fachkräfte in Kindertagesstätten » (« Les pédagogues masculins dans les structures d’accueil de la petite enfance »), commandée par le BMFSFJ et publiée en 2010 (voir Cremers/Krabel/Calmbach 2010). Cette étude révèle que le personnel masculin est largement souhaité par tous les acteurs pertinents de l’accueil de la petite enfance (parents, gestionnaires/responsables, direction, éducateurs/trices et stagiaires) et livre des recommandations détaillées concernant la mise en œuvre de stratégies à moyen et long terme visant à accroître la part d’hommes dans les structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance.

Les seize projets modèles étaient essentiellement ancrés dans quatre champs d’action.

  • Dans le champ d’action « Promouvoir publiquement le métier d’éducateur (pour les hommes) », les projets modèles ont développé diverses mesures de communication qui ont renforcé la visibilité des éducateurs et stagiaires masculins auprès du grand public et montré aux hommes à quel point ce métier peut être diversifié, exigeant et épanouissant.
  • Dans le champ d’action « Intéresser les (jeunes) hommes au métier d’éducateur et les attirer vers celui-ci », les projets ont offert à de jeunes hommes la possibilité de réaliser des expériences pratiques dans des structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance et ainsi d’obtenir une image différenciée du métier d’éducateur.
  • Dans le champ d’action « Ancrage des questions hommes/femmes », les collaboratrices et collaborateurs des projets modèles ont sensibilisé des membres du corps professoral formant des éducateurs/trices ainsi que des pédagogues des structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance à l’importance de la catégorie « Sexes » et leur ont fourni des outils permettant d’inculquer les compétences y afférentes et/ou de mettre en œuvre une pédagogie sensible à l’égalité des sexes.
  • Dans le champ d’action « Prémunir les éducateurs et stagiaires masculins contre les soupçons généraux », les projets modèles se sont penchés sur la fréquente association mentale entre pédagogues masculins et abus sexuels sur les enfants et ont mis au point des stratégies et mesures pour prémunir ces derniers contre les soupçons généraux et les enfants contre les abus sexuels.

L’exposé de Jens Krabel est consultable ici->

Exposé d’Alexander Kries : Männer an der ausserschoulescher Kannerbetreiung zu Lëtzebuerg

Dans son exposé, Alexander Kries a retracé les grandes lignes du développement historique qui a mené au lancement du programme « Männer an der ausserschoulescher Kannerbetreiung zu Lëtzebuerg ». Il a ensuite évoqué le manque actuel de données sur le nombre, la qualification et le degré d’occupation des membres masculins et féminins du personnel pédagogique dans l’éducation non formelle au Luxembourg, avant de présenter les résultats d’une enquête menée auprès de structures de l’éducation non formelle (voir page 10 et suiv.).

Pour conclure, il a résumé et présenté les questions, difficultés et recommandations centrales examinées au sein du groupe de travail d’accompagnement du projet.

L’exposé d’Alexander Kries est consultable ici ->

Atelier de Dr André Melzer et Miriam-Linnea Hale : „Ein 'Bild' von einem Mann: männliche (und weibliche) Geschlechterrollen unter der Lupe“ (« Une “image” d’un homme : les rôles des hommes (et des femmes) examinés à la loupe »)

Miriam-Linnea Hale de l’Université du Luxembourg se sont rassemblées en petits groupes pour examiner, entre autres, les questions suivantes : D’où vient notre représentation de ce qui serait soi-disant « typique » d’un sexe ou de l’autre et de leur comportement ? Quelle influence ces stéréotypes tenaces exercent-ils au travail et au quotidien ? Y a-t-il de « bonnes raisons » de faire une répartition entre métiers typiquement masculins et typiquement féminins ?

L’atelier visait essentiellement à favoriser un examen critique des rôles traditionnellement dévolus aux hommes et aux femmes et des stéréotypes. Le rôle d’autres aspects de l’hétérogénéité tels que la « culture » ou l’« identité sexuelle » dans les processus de formation de l’identité et dans l’activité professionnelle a également été analysé dans le cadre des discussions.

 

L’exposé de Dr André Melzer est consultable ici ->

Atelier de Michael Cremers : Geschlecht in der professionellen Kinderbetreuung. Anregungen für einen sensiblen Umgang mit dem Thema Geschlecht in der non-formalen Bildung (« Le rôle des sexes dans l’accueil professionnel de la petite enfance. Suggestions pour une gestion sensible de la question hommes/femmes dans l’éducation non formelle »)

Dans le cadre de cet atelier, Michael Cremers, de l’Institut für Gender und Diversity in der sozialen Praxisforschung, a présenté le plan de recherche et les principaux résultats de l’étude dite « Tandem », intitulée « Macht das Geschlecht einen Unterschied? Professionelles Erziehungsverhalten männlicher und weiblicher Fachkräfte in Kindertagesstätten » (« Le sexe fait-il une différence ? Comportement professionnel des pédagogues masculins et féminins dans les structures d’accueil de la petite enfance ») (voir Brandes et al 2016).

Les principales questions examinées par cette étude étaient les suivantes :

  1. Les membres masculins et féminins du personnel pédagogique ont-ils une manière différente d’interagir avec les enfants ?
  2. Les principes de la théorie de l’attachement selon lesquels les femmes interagissent de façon plus empathique et centrée sur l’attachement tandis que les hommes sont davantage dans le défi et l’exploration se confirment-ils dans le contexte professionnel ?
  3. Les pédagogues se comportent-ils différemment à l’égard des garçons et des filles, et y a-t-il des différences à ce niveau entre hommes et femmes ?
  4. Les pédagogues ont-ils tendance à réaliser différentes activités avec les filles et les garçons et à se consacrer à différents contenus en fonction de leur sexe ?
  5. Y a-t-il des éléments indiquant si et comment les pédagogues jouent un rôle de modèle masculin ou féminin et comment les processus d’interactions y afférents (au sens d’un « doing gender ») se déroulent ?
  6. Y a-t-il des éléments indiquant des arrangements et des répartitions de travail entre pédagogues en fonction de leur sexe ?

L’étude livre essentiellement deux résultats : d’une part, les pédagogues masculins et féminins de l’échantillon ne présentent aucune différence substantielle ou significative à l’égard des normes professionnelles dans cinq dimensions clés du travail des pédagogues de la petite enfance (empathie, défi, interaction dialogique, type de coopération et contenus de communication). Le sexe des pédagogues n’a donc pas d’influence substantielle ou significative démontrable sur la qualité de leur comportement professionnel.

De l’autre, en revanche, l’étude révèle que le sexe a une influence démontrable sur les activités que les membres masculins et féminins du personnel pédagogique font avec les enfants, sur les thématiques qu’ils soulèvent et sur les intérêts et inclinations des filles et des garçons auxquels ils préfèrent se consacrer. Ainsi, les pédagogues parlent plus souvent de relations ou d’aspects personnels tels que les expériences, les ressentis et les fantaisies associatives avec les filles, alors qu’ils ont tendance à poser plus de questions incitant à la réflexion aux garçons. Par ailleurs, les éducatrices parlent plus souvent des projets en termes concrets et fonctionnels avec les garçons qu’avec les filles. Les éducateurs font de même, mais la différence est moins marquée.

Les participantes et participants à cet atelier ont réalisé une description détaillée des dimensions de l’action professionnelle des pédagogues de la petite enfance et examiné collectivement les résultats de l’étude en regard de leurs propres expériences. Dans la deuxième partie, cet échange a laissé place à l’analyse collective d’une thèse sur « Le rôle des sexes dans l’éducation non formelle ».

Les résultats de l’étude dite « Tandem » sont consultables ici ->

La thèse est consultable ici ->

Atelier de Jens Krabel : Männliche Erzieher unter Generalverdacht? Wie Kinderbetreuungseinrichtungen männliche Fachkräfte vor pauschalen Verdächtigungen schützen können (« Les éducateurs masculins suspects par défaut ? Comment les structures d’accueil de la petite enfance peuvent prémunir les pédagogues masculins contre les soupçons généraux »)

Dans la première partie de l’atelier, Jens Krabel a évoqué la fréquence des soupçons généraux à l’encontre des pédagogues masculins et la violence sexuelle à l’égard des enfants dans les structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance en Allemagne. Jens Krabel a par exemple souligné que les parents, les gestionnaires/responsables, la direction, les éducatrices et parfois même les éducateurs eux-mêmes associent constamment (mentalement) les pédagogues et stagiaires masculins travaillant dans les structures d’accueil de la petite enfance aux abus sexuels sur les enfants. Même si cette association mentale n’affecte pas le souhait largement partagé par les parents et le personnel pédagogique d’accroître le nombre d’éducateurs masculins dans les structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance, ces soupçons (latents) ont tout de même des répercussions sur le travail pédagogique au sein des structures (voir Cremers/Krabel 2012).

Cette « suspicion générale » peut engendrer un sentiment d’insécurité chez les éducateurs masculins travaillant dans l’accueil extrascolaire de la petite enfance, parfois dès leur formation. Nombre d’entre eux développent ainsi des stratégies individuelles pour composer avec cette suspicion qui les entoure (souvent subtilement) : ils font par exemple très attention à ne pas changer les enfants la porte fermée, à ne pas les prendre sur les genoux, à ne pas les garder trop longtemps dans les bras pour les consoler ou encore à ne pas les accompagner aux toilettes. Mais les parents, les membres de la direction et les éducatrices aussi réagissent différemment aux soupçons généraux à l’égard des hommes. Certains parents refusent par exemple que leurs enfants soient changés par un homme, ou des membres de la direction ou des éducatrices n’autorisent pas les pédagogues ou stagiaires masculins à réaliser certaines activités de proximité avec les enfants, en raison d’un sentiment confus d’insécurité. Dans de rares cas, la direction et les éducatrices s’opposent même par principe à accueillir des hommes dans l’équipe.

Dans son exposé, Jens Krabel a également cité des stratégies et mesures permettant aux structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance de prémunir les membres masculins de leur personnel contre les soupçons généraux.

Dans la deuxième partie de l’atelier, les participantes et participants ont été invités à réaliser un état des lieux de leur institution vis-à-vis de l’image des hommes et des femmes, de la fréquence des soupçons généraux et de la gestion professionnelle de la proximité et de la distance au moyen de questions de réflexion.

L’exposé de Jens Krabel est consultable ici ->

Les questions de réflexion sont consultables ici ->

Atelier de Sandra Schulte : Willkommenskultur in Kinderbetreuungseinrichtungen – Anregungen für eine geschlechtersensible Öffentlichkeitsarbeit zur Gewinnung männlicher Fachkräfte (« La culture de l’accueil dans les structures d’accueil de la petite enfance – Suggestions pour un travail de communication sensible à l’égalité des sexes pour attirer des pédagogues masculins »)

Dans son exposé d’entrée en matière de l’atelier, Sandra Schulte, de l’Institut für Gender und Diversity in der sozialen Praxisforschung, a décrit la « culture de l’accueil des pédagogues masculins dans les structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance » mise au point par les gestionnaires dans le cadre du programme modèle « Mehr Männer in Kitas » en Allemagne.

Dans un premier temps, Sandra Schulte a présenté la situation dans laquelle lesdits gestionnaires se trouvaient au début du programme modèle et dont il a fallu tenir compte pour la mise en place de la culture de l’accueil. Lors du lancement du programme modèle, la part d’hommes dans les structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance était de 3,6 %. Une étude de Cremers, Krabel et Calmbach publiée en 2010 a montré que le personnel, les gestionnaires et les parents souhaitaient tous davantage d’hommes dans les structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance (voir Cremers/Krabel/Calmbach 2010, p. 46 et suiv.).

L’étude a également révélé que les structures souhaitaient un soutien politique dans leurs efforts visant à attirer davantage de membres du personnel masculin. Les résultats de cette étude ont notamment incité le ministère allemand de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse à lancer le programme modèle « Mehr Männer in Kitas » en 2011, couvrant seize projets dans 1 300 structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance de treize Länder, pour un montant total de treize millions d’euros. Ces conditions propices à l’élaboration d’une stratégie de communication ont encore été favorisées par d’autres développements politiques, tels que la valorisation des structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance dans la politique d’éducation et les débats publics et professionnels sur les moyens d’accroître la qualité de l’éducation de la petite enfance et de pallier le manque de personnel dans le domaine. Depuis le tournant du siècle toutefois, de plus en plus de cas d’abus impliquant des structures pédagogiques et l’Église catholique ont été révélés, mettant en péril la mise en place d’une culture de l’accueil. Il a fallu couvrir les risques que cela supposait, (notamment) pour le travail de communication.

À travers leurs mesures externes et internes de communication, les gestionnaires souhaitaient induire un changement de mentalités au sein de la société. Leur travail de communication externe consistait à installer un climat d’accueil pour les hommes dans les structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance et à faire passer les messages suivants :

  • Les hommes sont souhaités au sein de ces structures.
  • Les éducatrices aussi préconisent une hausse du personnel masculin.
  • Les hommes peuvent être aussi prévenants que les femmes avec les enfants.
  • Les pédagogues masculins ne sont pas des « solutions de rechange » du personnel féminin qui jouent au foot et se bagarrent, mais représentent des personnalités et modèles diversifiés.
  • Le métier d’éducateur/trice est un métier professionnel très exigeant.
  • Il permet aux hommes autant qu’aux femmes de subvenir à leurs besoins.

Étant donné la part très faible d’hommes dans la plupart des structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance, un changement culturel doit aussi avoir lieu au sein même de celles-ci. Ces processus de changement doivent s’accompagner de mesures de communication internes et atteindre les équipes travaillant au sein des structures, car la culture d’accueil doit majoritairement être portée par le personnel féminin.

Dans le cadre du programme modèle, les gestionnaires ont mis au point différentes campagnes de communication dans différentes régions d’Allemagne. La campagne du projet modèle de Hambourg, menée sous le slogan « Vielfalt Mann. Dein Talent für Hamburger Kitas » (« L’homme et sa diversité. Ton talent pour les crèches de Hambourg »), a acquis un rôle particulier de par son envergure et sa portée. L’une des nombreuses mesures du projet modèle a par exemple été de produire des t-shirts sur lesquels étaient imprimés certains noms de métier et d’activité, comme cuisinier, comédien, médiateur, consolateur ou entraîneur. Ceux-ci devaient couvrir tout l’éventail d’activités des éducateurs et éducatrices et montrer l’attrait et la diversité du métier. Les éducateurs ont été photographiés et filmés avec ces t-shirts, puis présentés au public sur des affiches ou dans des spots cinéma dans toute la ville de Hambourg.

La campagne hambourgeoise a aussi joué un rôle modèle en ce sens que le domaine pratique a été impliqué dans sa création. Elle a ainsi été conçue dans divers ateliers auxquels participaient éducateurs/trices, membres de la direction et gestionnaires/responsables. Il est clairement apparu que de nombreuses éducatrices tendent à se laisser entraîner dans une spirale de dévalorisation lorsqu’elles parlent de leur métier et qu’un aspect important de la campagne consisterait à mettre en avant les facteurs d’attrait de celui-ci.

Les participantes et participants aux ateliers du projet modèle de Hambourg se sont donc aussi penchés sur les questions suivantes :

  • Qu’est-ce qui rend le métier d’éducateur/éducatrice si intéressant ?
  • Quels sont ses aspects positifs ?

Ce processus a transformé les éducateurs/trices en ambassadeurs/drices de leur métier. Toute la campagne de Hambourg a ensuite consisté à motiver les éducateurs et éducatrices plutôt que de les démotiver, à mettre en exergue les facteurs d’attrait du métier et à leur donner une image valorisante de celui-ci. Les collaboratrices et collaborateurs du projet modèle de Hambourg ont qualifié ce processus de « profession branding », un développement du concept d’« employer branding » issu du monde du marketing, qui lui a valu le titre de « service de presse de l’année 2012 » de l’association des attachés de presse allemands.

Après l’exposé, les participantes et participants ont discuté de l’applicabilité des exemples concrets d’une culture de l’accueil et/ou d’un travail de communication sensible aux questions d’égalité des sexes au contexte luxembourgeois. Tout en reconnaissant que le programme modèle « Mehr Männer in Kitas » se concentrait surtout sur l’acquisition de membres du personnel masculin dans les structures d’accueil extrascolaire de la petite enfance, ils ont aussi discuté de la nécessité de réfléchir au-delà du champ de travail de l’« accueil extrascolaire de la petite enfance » et se sont demandé si la campagne ne devrait pas aussi cibler d’autres métiers et la hausse du nombre de (jeunes) femmes dans des métiers atypiques. Certaines réserves ont toutefois été exprimées – à savoir que, si une telle façon de procéder présentait certes de nombreux avantages, elle impliquait aussi un trop grand nombre de messages différents et risquait de rapidement s’éparpiller. La campagne « Not my stereotype », actuellement menée au Luxembourg, a été citée pour illustrer ces difficultés : en dépit de ses nombreux avantages, ses contours ne sont pas assez délimités, ce qui lui a valu des critiques du public. Au cours des discussions, les participantes et participants ont considéré l’implication des structures dans le travail de communication comme un élément positif du programme modèle « Mehr Männer in Kitas », car elle a donné davantage d’authenticité et d’ancrage pratique aux campagnes.

L’exposé de Sandra Schulte est consultable ici ->

Atelier d’Alex Carneiro « Praxismänner » (« Les hommes du métier ») – En Abléck an den Alldag vu Männer an der non-formaler Bildung an hir Erfarungen

Les expériences des (futurs) membres du personnel masculins étaient au cœur de l’atelier animé par Alex Carneiro d’infoMann – actTogether asbl. Deux élèves masculins du LTPES (Lycée technique pour professions éducatives et sociales) ont inauguré l’atelier en présentant aux participantes et participants les impressions recueillies dans le cadre de leur stage. Les thématiques soulevées dans ce cadre ont été reprises et approfondies par un « homme du métier » de longue date, occupant maintenant une fonction à responsabilités dans le domaine de l’éducation non formelle.

Au fil du dialogue avec les participantes et participants s’est tissé tout un éventail de sujets pertinents, de questions d’actualité mais aussi de sources de conflit potentielles, qui ont parfois suscité des controverses. L’importance de développer un langage conscient et sensible aux aspects hommes/femmes pour éviter tout malentendu et toute tendance à juger et à déprécier dans la suite du processus a ainsi très tôt été reconnue. Les participantes et participants ont globalement trouvé cet échange professionnel très bénéfique et stimulant et ont exprimé le souhait de développer ce format de réflexion collective à l’avenir.

Un résumé de l’atelier se trouve sous ->